Paparapapaparapa kla ki bum

Dans le dernier message je vous avais dis de m'attendre de l'autre côté de la frontière, j'espère que ce ne fut pas trop long, huuuuum huuuumm... J'avais promis et pourtant (je ne suis qu'un hooooomme!), je suis retombé dans mes vieux travers, plus de 2 mois de retard sur ce blog, j'ai du mal à écrire, à trouver le moment, quand ça vient quoi! 

Ainsi, d'après mon passeport, qui lui ne ment jamais, je rentre au Brésil le 1er Août. Les formalités sont une formalité, un peu trop facile sur ce coup: je passe la frontière à pied chargée comme une mule, au sens non-narcotique du terme, il s'entend, et la boulette c'est que je rentre au Brésil sans faire tamponner mon visa de sortie de Bolivie, ce qui me vaudra un carton jaune au bureau de l'immigration à La Paz (poireautage, inspection de tous les tampons, regard oblique du fonctionnaire en faction, pénalités financières 4 bureaux plus loin et 2 heures plus tard, merci m'sieur l'agent!). 


Rentrons dans le vif du sujet, un gros morceau le Brésil dont je vais me faire une toute petite tranche. Mais attention, je n'arrive pas au Brésil à Rio do Janeiro, tapis de sable blanc et caïpirinha plein les mains, non vous me connaissez je rentre doucement par le jardin, par la petite porte de derrière qu'on appelle le Pantanal. C'est la plus grande zone humide du monde, une gigantesque plaine de forêts, de prairies, de rivières et de marécages à 80% noyé par les eaux pendant 4 mois de l'année, le tout au sud du bassin amazonien, aux confins de la Bolivie Orientale, du Mato Grosso do Sul Brésilien et un pitit peu au Paraguay.  

Ok, faisons un point-route chargée en ce week end de la Toussaint. Là au miyeu:


L'entrée au Brésil est tranchante d'un point de vue linguistique. Les gens ils crient mais heiiiiiin???

Je comprend difficilement le portugais doublé d'un accent brésilien triplé d'un accent terre profonde de "Caboclos", métis d'amérindiens et d'européens blancs. Il faut savoir que le Brésil a repoussé ses frontières bien au-delà des limites définies par le traité de Torsadillas entre Espagnols et Portugais, grâce au travail peu éthique selon les normes d'aujourd'hui des "Bandeirantes", ces hordes de Portugais moitié miliciens moitié mercenaires, partant de la côté du Nord au Sud et fonçant tout crocs dehors à l'intérieur des terres à la recherche de richesses minérales et de futurs "travailleurs", dont les revendications sociales, et pas seulement sur les retraites, ont été tranché à coups de machettes ou à coup de "je vais aller en discuter avec ta soeur". Le résultat, c'est que les gens ici n'ont pas le tempérament Carioca, moins souriant mais très sympa et avec un couteau de 20 cm de lame à la ceinture. Je reste tranquille avec mon couteau suisse, on est pas là pour se fâcher. Pour mes problèmes de communications, heureusement au Brésil, et plus encore près de ses frontières, presque tout le monde parle le portugnol, une salade composée librement entre le portugais et l'espagnol. Au bout de 3 jours, j'arrive quand même à comprendre 80% de ce qu'on me dit en portugais, il faut juste se faire à l'accent. 

On va commencer par un peu d'écrit, bienvenue à Bonito, une bourgade sans histoire, dont les environs sont muito bonito:


Pueeeeeees, l'histoire a Bonito, c'est que les rivières alentours sortent de terres chargées de calcaire, constituant un filtre naturel pour les impuretés qui se déposent au fonds du lit. Je vous la fait courte. Ce qui est plutôt une bonne idée pour snorkler dans une rivière cristalline, poissoneusement chatoyante  et avec une forêt tropicale de chaque côté:





Le plus drôle dans le snorkling en rivière c'est de s'y rendre, on se sent assez con de marcher en forêt en tenue de plongée! Pas d'image malheureusement, ou croyez-vous que je puisse mettre mon appareil photo habillé en homme grenouille? J'ai quand même réussi à chopper ces quelques photos sous-marines ci-dessus à des camarades équipés en conséquence.

Mais pour la touche anecdotique, il y a mieux encore. Je baragouine avec notre guide (obligatoire à cet endroit, le guide, pas de parler avec lui, je suis sympa c'est tout) à l'occasion d'un passage à pieds en forêt afin d'éviter quelques menus rapides:

- Dis donc Jean-Bruno (j'ai oublié son nom depuis), pourquoi que le rio il s'appelle Sucuri (qui est le nom local de l'anaconda)? Hein?
- Parce que la rivière serpente comme un sucuri mon p'tit Grégory...
- Ah booooon tu me rassures, c'est pas qu'on en croiserait quand même dis?
- ah si si si j'en ai vu 2 la semaine dernière quand j'étais dans l'eau... genre 3 ou 4 mètres de long...mais ils attaquent pas, t'inquiète...
- ah boooon bah tu me rassures parce que j'ai failli flippé là...

Glooooooups tontooooon,  je repars donc à l'eau en me disant que j'ai pas spécialement envie de me retrouver nez à nez les yeux dans les yeux à la surface de l'eau avec un anaconda, aussi peu belliqueux soit-il. Cinquante mètres plus loin, Jean-Bruno qui est juste devant moins, à moins que je ne sois juste derrière lui, me fais signe de le suivre d'un côté de la rivière près de la berge. 

- Eeeehhhhh tu veux voir un jacare (un caïman ici)?
- Hein quoi ça, en image Panini par exemple???
- Non non là sous nos pieds!
- Ouuuh de dieuuuu...

Je me rapproche doucement, bien à contre-courant, histoire de pouvoir foutre les voiles façon water tractor pulling au cas où cet énorme sac à main de 2 mètres 50 décide d'engager le combat contre ma volonté (je pense toutefois qu'il me gagne aussi à la nage qui n'est pas mon point fort, certains d'entre vous en conviendront). La bête est totalement immobile au fonds de l'eau mais quand même on se sent un peu vulnérable. Jean-Bruno nous dit "ne vous approchez pas trop quand même il est vivant", ah ah ah quel poilade! Honnêtement, il n'y a pas de risque à nager avec les caïmans dans ce coin, sauf à le titiller de trop près sans lui laisser de porte de sortie, auquel cas vous aurez maille à partir avec ce type de mandibule:


Je devais récupérer une photo du croco prise par une jeune allemande de Frankfurt (avec qui j'ai eu de grandes conversations finance et saucisse donc) mais sachez que lorsque vous demandez une photo par e-mail, elle n'arrive jamais, faut les chopper sur l'instant ("file moi ta carte ou je me fâââââche?!). A défaut, de nos jours il y a internet, pour illustrer, ça donnait un peu ça, d'un peu plus loin pour être tout à fait honnête:


A part jouer les crocodile dandy, à Bonito j'ai enfiiiiiiin profité d'un peu de chaleur pour faire un grand ménage de printemps (a mano s'il vous plaît), me reposer (et oui!), me décrasser et penser à la suite.

lavage

séchage

reposage
(T'as vu môman on voit mes côtes...)

décrassage

reflexionage (et emplumage)

Comme tu peux le constater vigilant lecteur, à la demande plus ou moins générale, et contre toute attente, j'essaye de me mettre un peu plus en scène.

Into the wild sauvage

Pour profiter du Pantanal à proprement parler, rien de mieux que de passer quelques jours dans une fazenda (une ferme dirons nous). Certaines sont tellement immenses et isolées qu'elles sont uniquement accessibles en avion. Je reste fidèle à mon moyen de transport préféré et saute dans le premier bus qui me jette dans la localité peu engageante de Buraco dos Piranhas, littéralement "trou aux piranhas":


Et si les piranhas m'attendent de pieds ferme, c'est plutôt moi qui vais les cueillir à l'heure du goûter:


Hè quand même c'est pas moi sur la photo, lui c'est l'homme qu'on appelle Gordinho. Vous constaterez qu'on peut pêcher le piranha tranquille les pinceaux dans l'eau. Contrairement aux idées reçues, ceux-ci ne viendront vous grignoter les orteils que si vous saignez déjà (truc bon à savoir).

Alors bizarrement ce jour là on était 3 touristes avec 3 "guides". Services 3 étoiles qui s'explique peut être par le fait que j'étais entouré de deux frangines brésiliennes d'une fraîche vingtaine pour ces quelques jours à la fazenda. Sympa, sauf que je me suis fait appeler "O Frances" pendant 3 jours.


Trêve de bleublaaaaa, on va pas bouffer les moustiques, faut remplir la gamelle:

Une fois ramené sur la berge, on laisse quand même les tatoués du coin mettre le coup de grâce. Les piranhas l'ont un peu mauvaise de finir en friture et claquent du dentier jusqu'au dernier souffle. Voilà pour le repas du soir et c'est très bon au demeurant.

Et parce qu'on est sympa avec les caïmans, on leur file le reste des appâts. 


Normal en bons voisins, ceux-ci habitent juste à côté de notre camp, dans la rivière au bout du jardin, juste derrière moi sur la première photo ci-après ("Recule encore un peu! Recule encore un peu!" Je les entend presque): 



Tiens ce gros feignant, je l'ai surpris à l'heure de la sieste:


(Tiens dis donc il y a un trou dans la mise en page ici. Ah bah il y en a plus maintenant, tant mieux on dirait!)

Comme on se lève un peu avec le soleil sur les coups de 6h et des bananes, une petite siesta s'impose, rien d'illégal par ici, surtout après le riche déjeuner préparé par Maristella, notre généreuse cuisinière:



Et pour s'ouvrir l'appétit, un peu de sport équestre. Photos prises en caméra embarquée:


Alors cette fois-ci j'ai gagné le cocotier ("eu ganhei o coco"), parce qu'en plus des deux frangines, je me retrouve au milieu de neuf autres brésiliens de tous âges mais uniquement de sexe féminin... et blablabbla et blablabla... O Francês nao fala muito... j'ai l'impression que même les chevaux s'y mettent:





Je vous épargne la photo de votre capitaine sur sa monture, avec casque de chantier, alors que ces messieurs de l'organisation se réservent les meilleurs chapeaux (cf. ci-dessus). Non vraiment, ça n'en vaut pas la peine.

L'intérêt du Pantanal par dessus tout, c'est la vie animale. Les "gens" se ruent sur l'amazonie en pensant pouvoir observer des grosses bêtes mais dans la forêt, on voit surtout des plantes et des insectes. Nous en reparlerons à l'occasion d'un prochain numéro dans la selva bolivienne (la selva c'est la jungle les kids). Malheureusement je n'ai pas vu de puma ou de jaguar bien qu'ils rodent non loin de mon sac de couchage. Un puma est passé dans la savane juste à côté de notre camp mais bien trop tôt le matin et un jaguar a charcuté une vache la nuit précédent mon arrivée...

Quelques photos de nos animaux les bêtes que l'on peut observer à pieds...



ou depuis le "pont" d'un bateau...



la tarentula


le jacare, toujours très représenté, entre amis


ou en famille


ou avec effet raté "je te caresse l'échine chéri"


un oiseau


aussi


Capivara, le plus gros rongeur du mooonde


Et une fleur tiens! (j'aime bien la photo, j'ai envie de la placer, c'est mon blog, je fais ce que je veux)


Et bien plus encore sur ce lien photos! Uuuuuuuh ça sent la fin là...


... il est temps pour moi de regagner la Bolivie, objectif La Paz (pour tous j'espère), pour aller haut, très haut. Avant ça, un véritable trajet marathon, départ Lundi midi, bus, bus, train, bus, bus, arrivée Mercredi matin à La Paz, les genoux en quinoa et la tête dans le maïs... 

Avant de se dire bonsoir, un dernier coucher de soleil parce que je trouve que j'en ai pas abusé jusqu'à présent et celui là il faut aller le chercher... en terre brésilienne, 20 mètres avant le poste frontière de Puerto Quijarro, et de l'autre côté du fossé en direction du soleil, bienvenido a Bolivia carajo...Un petit luxe de photo, il est environ 18h29, 53 secondes avant la fermeture du passage, je dégaine la bécane d'une main, le passeport de l'autre...

En vous souhaitant de bonnes fêtes de la Toussaint.

Tonton d'Amérique.



4 Response to "Paparapapaparapa kla ki bum"

  1. Jimmy Says:

    La vérité chéri tu fais de la peine on te voit les côtes, ils te nourrissent pas la bas ???

  2. julien Says:

    Sympa ton snorkeling avec les caïmans! C'est au même endroit les la plongée dans les Cenotes?
    Julien

  3. Anonyme Says:

    blaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah

  4. Tio Grego Says:

    @Jim, je survis, guère plus...
    @Julien, nope, les Cenotes, c'est au Mexique me semble-t-il... ça doit doit valoir le voyage aussi...
    @jeune anonyme au front inversement proportionnel à l'appendice nasal, blaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah aussi...

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